Relais du Vert Bois – Gite Normandie pour 8 personnes

LES MARMOTTES AU RÉGIME


Voir des marmottes se mérite et fait partie des petits plaisirs lorsqu’on se balade en moyenne montagne (entre 1000 et 3000 mètres d’altitude). Mais lorsqu’un dépliant touristique invite les promeneurs à venir sans effort observer ces petits mammifères sur un sentier dédié, parents et enfants affluent au risque de faire péricliter la vie du tranquille petit rongeur!
C’est ce qui se passe notamment dans les Hautes-Alpes sur la commune d’Eygliers. Il y a là, une colonie de marmottes plutôt habituée à l’Homme et donc très facile d’approcher. Seulement voilà, on a beau rappeler qu’il ne faut pas les nourrir, bien des promeneurs n’ont pas ces scrupules et font courir un véritable danger aux marmottes en leur donnant littéralement n’importe quoi à manger : popcorn, chips, morceaux de chocolat, pain, etc.
A force d’être gavées les marmottes finissent par développer de l’eczéma, du diabète et entament leur hibernation dans de très mauvaises conditions.
En temps normal, une marmotte est uniquement herbivore : elle se nourrit de plantes et de légumineuses qui leur apportent par ailleurs une partie de l’eau dont elles ont besoin; ces petits rongeurs ne boivent pas mais récupèrent en revanche la rosée qui perle sur les plantes.
La marmotte hiberne presque 6 mois. En automne elle mange énormément pour constituer les réserves de graisse qui lui permettront de survivre. Pour ne pas brûler ses réserves trop vite elle vit au ralenti. Son cœur bat très lentement. Elle se réveille environ toutes les quatre semaines pour faire ses besoins. S’il fait moins de 3 degrés sous terre, la marmotte doit se réveiller et bouger pour ne pas mourir de froid.
La Marmotte, très sociable, vit en petites colonies de type matriarcales, d’origine familiale. Un groupe  comporte 5 à 12 individus : un couple reproducteur accompagné de ses descendants des 2 ou 3 dernières années. Il y a une famille par terrier.
La marmotte est strictement diurne, ce qui est rare pour un mammifère sauvage. Elle se lève tôt (avant le lever du soleil), se toilette comme un chat et prend son premier repas du matin. Elle débute ensuite une sieste dans la matinée, étalée en long sur un gros rocher, mais toujours vigilante, les yeux ouverts. Elle rentre dans son terrier aux heures chaudes de la journée pour dormir au frais, prend alors un second repas, avant de se coucher avant la nuit. Une vie donc bien réglée, ponctuée par le jeu car la curiosité des marmottes les rend particulièrement joueuses.
Bien que la population de marmottes dans le monde ait connu une forte diminution depuis ces dix dernières années, et que sa présence reste très discrète, certains pays connaissent une forte proportion de marmottes. C’est notamment le cas du Canada, de la Suisse et de la France où l’espèce est proétégée. Actuellement, on peut comptabiliser environ 16 000 marmottes en France. Elle a été réimplantée dans les Pyrénées au cours des années 1950 et introduite dans le Massif central (Drôme, Cantal, Ardèche) à partir du milieu des années 1960. Les essais de repeuplement dans les Vosges et le Jura français n’ont pas franchement abouti.
Si autrefois, l’homme l’a chassée pour sa viande, sa graisse et sa peau, c’est surtout l’aigle qui, aujourd’hui, est son plus grand prédateur. Les marmottes représentent, en effet, jusqu’à 90% des proies capturées par ce rapace. Le renard n’est pas en reste non plus… La longévité de la marmotte est de 15 à 20 ans en captivité, elle est inconnue dans la nature.
Les outils de défense dont dispose la marmotte pour échapper à ses prédateurs sont avant tout sa vue qui, si elle n’est pas excellente, a au moins l’extrême avantage de couvrir un champ visuel de 300 degrés (160 degrés chez l’homme), il est donc très difficile de la surprendre. Son odorat, de même que son ouïe, sont très performants et complètent ses armes.
Il n’y a pas de guetteur  attitré dans le groupe. Chacun vaque à ses occupations en se préoccupant de ce qui se passe autour, en adoptant la position caractéristique “en chandelle”.
A la moindre alerte, la marmotte siffle à plusieurs reprises. Pour un aigle repéré, le cri bref, strident, envoie tout le monde au fond du terrier. Pour un quadrupède, voire un bipède, l’appel est différent et les autres marmottes vont plutôt aller voir la cause de l’alerte avant, éventuellement, de se cacher.

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