Relais du Vert Bois – Gite Normandie pour 8 personnes

LES ANIMAUX EXPERTS EN AUTOMÉDICATION (SUITE)


Comme je vous le précisais hier, les animaux n’ont pas attendu les humains pour apprendre l’automédication.
Plus près de nous, les étourneaux, qui apprécient le confort urbain, se posent parfois sur les cheminées et se laissent envelopper par les fumées qui s’en échappent. Pas pour se chauffer, ni pour s’imprégner d’un parfum de feu de bois ! En revanche, ils n’ont rien trouver de mieux pour se débarrasser des parasites qui encombrent leur plumage. Une pratique que leurs lointains cousin, les corbeaux freux britanniques ont même amélioré puisque de très sérieux scientifiques ont observé certains de ces oiseaux attraper des cigarettes encore fumantes dans la rue pour une fumigation radicale sous les ailes !
Malgré ses piquants, le hérisson n’est pas à l’abri des tiques et des puces qui viennent souvent encombrer son pelage. Fort heureusement son instinct de « parfait petit chimiste » l’a conduit à trouver des solutions pratiques pour peu qu’il trouve les ingrédients autour de lui… Il mastique un mélange de menthe et de citronelle jusqu’à ce que le mélange se transforme en une espèce de mousse qu’il va recracher avant de littéralement se rouler dedans ! Au Relais du Vert Bois, on nous demande souvent pourquoi nous plantons nos « fines herbes » à la fois dans des bacs suspendus et directement au sol. En fait, nous plantons le thym au sol en guise de répulsif à moucherons à proximité des pommiers de notre verger tandis que la menthe et la citronnelle servent de matière première…à nos hérissons !
Du côté des moutons, ces derniers savent très bien quelle prescription suivre lorsqu’ils sont malades : des scientifiques ont observé comment les moutons, porteurs de parasites intestinaux ou souffrant de maux d’estomac, changent leur régime et partent à la recherche d’un ensemble de plantes riches en tanin et saponines. Autrement dit, les moutons ont la capacité à combiner différentes substances aux vertus thérapeutiques…
Nos chats et chiens savent aussi faire usage de plantes particulières. Ceux-ci mangent des herbes particulières comme le chiendent pour se soulager de leurs maux. Selon le dosage, l’ingestion de la plante déclenchera une légère expectoration qui nettoiera les bronches, un sérieux vomissement qui videra l’estomac, ou encore un effet laxatif qui dégagera les intestins. Le fait est si connu que des barquettes «d’herbe à chat» sont proposées dans les magasins spécialisés pour que les chats d’appartement puissent eux aussi se soigner.

Mais comment les animaux distinguent-ils les plantes qui « fonctionnent » de celles qui ne font rien ou pire sont nuisibles? Cela reste un mystère. Il y a l’odeur, bien sûr, et différents indices tactiles. L’odeur et l’apparence déterminent le choix d’une plante mais les jeunes, par exemple, font souvent des erreurs. La sélection fait son oeuvre : les plus forts et plus malins sauveront leur peau. L’apprentissage aussi joue un rôle fondamental. L’instinct et la génétique font le reste.
L’homme s’inspire des animaux pour savoir comment soigner ses propres maux. L’usage de la plante Ocha par exemple nous est venue des ours. C’est une plante utilisée contre la grippe intestinale et pour faire baisser la fièvre. Les animaux connaissent les plantes et nous avons besoin d’eux pour nous transmettre ce savoir. 
On se souvient de Socrate et de la ciguë qui l’a empoisonné. Eh bien la chenille utilise cette même ciguë contre les parasites! Elle fait des réserves de graisses au printemps pour pouvoir se transformer en chrysalide et cela attire les mouches. Elle qui est une grande consommatrice de lupins des bois, à ce moment de l’année, elle va se tourner plutôt vers la ciguë vénéneuse dont les composés azotiques sont pourtant très toxiques. Elle va donc manger du poison délibérément car les toxines sécrétées par les insectes (mouches et autres) ne pénétreront pas son organisme grâce aux effets de la ciguë. Pourtant l’action de la chenille n’est pas délibérée car elle ne possède pas de cerveau. C’est la pression de la sélection naturelle qui intervient. Aucune pensée n’est à l’oeuvre. Simplement, l’animal change pour se défendre contre ses ennemis.
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